Comme certains le savent, aujourd'hui, il y'a une manifestation des étudiants en travail social à Paris.
Donc j'y serai.
En gros, pour faire bref, parce que ça n'intéresse pas grand monde (même les premier(e)s concerné(e)s, pour certain(e)s ...) : Nous sommes dans la merde.
Un décret est passé, totalement inégalitaire et sans fond, et donc, nous nous retrouvons SANS STAGE.
Bien ça, pour une formation EN ALTERNANCE. (Plus d'infos
ici.)
Donc on manifeste, la situation se débloque plus ou moins bien (plutot moins bien, vu le gouvernement qu'on se paie) ... Et après ??
Non parce qu'on a un gouvernement qui poursuit la casse de notre futur métier, alors on est mignons à gueuler pour notre formation, hein.
Oui il faut gueuler. Bien sur.
Mais il faut comprendre aussi que de demander à des associations de gratifier leurs stagiaires sur les subventions qu'elles touchent pour les personnes qu'on accompagne, c'est ça qui est
dégueulasse !
Le fait qu'on ait pas de stage, ce n'est qu'une conséquence, certes dramatique, de cette décision aberrante.
Et notre futur métier, hein ? On va les laisser le détruire les bras ballants en essayant de revaloriser nos diplômes pour avoir des fiches de salaires revues à la hausse ? Mais ça me donne
envie de vomir !
- Les assistantes sociales et leur secret partagé ?
- Les éducs transformés en délateurs potentiels par la loi sur la prévention de la délinquance ?
- Le fait que les personnes en situation de handicap que nous pouvons accompagner soient dans une merde noire, à cause d'une AAH ridicule et des franchises médicales qui s'y additionne pour en
ponctionner un bon morceau ?
- La privatisation en route, dans un secteur où toute mission est censée être de service public ?
- Le fait que justement, notre futur métier ne soit plus reconnu d'utilité public ?
- Le fait qu'on se retrouve à bosser avec des mineurs incarcérés en EPM où l'action éducative n'est qu'un leurre ?
- Que Dati renforce encore la répression ?
- La politique de la méritocratie quand nous accompagnons des personnes dépendantes, en détresse, en situation difficile, qui vont à coup presque sur se faire bouffer ?
Et tant d'autres choses ...
Ne devenons pas des acteurs du contrôle social ! Ne devenons pas les faire-valoir de cette politique anti-sociale, de ceux qui empêchent que le
peuple ne se révolte trop, car la colère est légitime ... Alors soyons en colère citoyennement avec ceux que nous allons accompagner pour le meilleur et pour le pire dans les années à
venir ... RESISTONS ENSEMBLE !!!
Je vous livre le premier éditorial de l'excellent fanzine "
Social Traitre : le fanzine qui travaille le social", qui fait une synthèse de
tout cela, sur un ton que j'adore.
"
Editorial
Sauvegarde de la formation! Sauvegarde du métier! Sauvegarde du travail social!
Messieurs les politiques, laissez nous faire notre métier, laissez nous être et devenir des travailleurs sociaux, afin de continuer à tenir à respect les hordes de loosers qui, à nos portes
raclent et grognent, réclament la part du gâteau qu'ils n'ont pas su saisir. Tenez le vous pour dît. Nous vous sommes indispensables. Comment ferez vous sans nous, héros des temps modernes,
sacrifiés volontaires et salariés dans l'arène économique, comment ferez vous sans nous pour répartir les miettes budgétisées, pour maintenir le culte de l'impuissance et la soumission à l'ordre
naturel du marché et de l'égalité des chances? Messieurs les politiques, camarades, vous avez besoin de nous! Donnez nous les moyens d'exister, à votre service, s'il vous plaît, nous ne
déméritons pas au courage de nos aînés et sauront donner aux pauvres les moyens de s'adapter au système, évitant ainsi qu'ils le remettent en cause. Messieurs les politiques, donnez nous
satisfaction: de l'argent et de la reconnaissance. Et nous continuerons ensemble, main dans la main, à tenir à distance la misère du jardin d'Eden. Tout ce que nous revendiquons, c'est une place
dans le jardin, une solde de soldat au service de l'ordre social, un peu d'amour et un sourire complice. Messieurs les politiques, le travail social vous est acquis, dans la guerre qui s'annonce
nous avons choisi notre camp. Nous sommes avec vous, vous êtes avec nous, ensemble pour un travail social de qualité et un ordre social assuré!
Reprenons en cœur, la main sur le ventre, vive le travail social!"